vendredi 4 décembre 2015

L’histoire de la déportation forcée du peuple guerrier Abbey (Mbochi d’Oyo) de la Côte d’Ivoire au nord du Congo pendant la colonisation

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Jadis, l’espace que l’on nomme le Congo-Brazzaville, était peuplé uniquement que des Bantu (Batéké, Bakongo…) et des Pygmée ; mais depuis la fin de la colonisation, il abrite des peuples déportés de force par le colonisateur, qui venaient là exécuter des peines de travaux forcés.

C’est le cas du peuple guerrier Abbey (lire abbè) venu d’Afrique de l’Ouest manu militari, enchainé et sous les coups de fouets des miliciens coloniaux ; qui pose aujourd’hui dans son pays d’adoption, un réel problème d’intégration menaçant l’unité nationale.
Il n’est pas de meilleure manière de connaître l’histoire de son pays que de parcourir le passé colonial. Ce cheminement permet d’aller à la source. BISHIKANDA DIA POOL a pu trouver ainsi l’histoire de la déportation des guerriers Abbey au Congo que nous allons relater dans les quelques lignes qui suivent. Pour que personne ne puisse plus dire au Congo, que l’on ne savait pas !

Tout d’abord, le Congo est devenu en moins d’un siècle une véritable mosaïque humaine. Schématiquement, la population congolaise peut être répartie en deux groupes : d’une part les Congolais de souche, c’est-à-dire les Pygmée et les Bantu (Batéké, Bakongo…). Et, d’autre part les Congolais issus des expéditions punitives coloniales, auxquels il faut ajouter les déportés des travaux forcés (C.F.C.O, pagayage, portage, récolte d’hévéas, extractions de mine…) : Abbey, Sara, Yacoma, Gbaya, Soudanais (Maliens parce que le Soudan français c’est actuel Mali), Popo…

Également, en dehors des ethnies des Bakongo, des Batéké et des Pygmée ; les autres ethnies ne sont que des inventions du colonisateur. Beaucoup de Congolais diront que toute cette histoire n’est pas nouvelle, d’autres affirmaient peut-être même que cette histoire qui va être racontée dans les quelques lignes qui suivent, a été inventée par BISHIKANDA DIA POOL pour salir les Mbochi d’Oyo. Mais, la nouveauté est que, cette fois-ci, cette histoire de la révolte et de la déportation des Abbey est bien vraie, puisqu’elle a été trouvée dans des manuelles et archives d’histoire coloniale.

Parce que, l’histoire est la seule clé qui aide un pays à comprendre son passé. Mais, celle de la déportation des Abbey au Congo est ignorée de beaucoup de Congolais. Pour cause, les archives nationales ont été brulées dès l’accession de Marien Ngouabi au pouvoir. Sans la connaissance de notre histoire commune partagée, nous créerons toujours nos propres réalités par nos pensées et nos actions.
 
Par conséquent, pour chaque action ou manque d’action de notre ignorance, il y aura toujours des conséquences. Puisque l’absence d’informations sur notre passé est comme une chambre plongée dans l’obscurité, où l’ombre créera forcément des monstres. L’histoire est donc la seule clé qui doit nous aider à nous comprendre pour bâtir une vraie nation. « […] Il vaut mieux connaître ce dont on hérite que de se contenter d’imaginer que l’héritage est caché quelque part dans un endroit inconnu et dans une langue étrangère », M. Blaug.
 
Vu que, cette histoire de la déportation des Abbey au Congo est un sujet tabou, elle devient secrète, réservée à une caste donnée. Elle n’est enseignée dans aucune école du pays. Le peuple a droit à toutes les histoires du monde entier, mais sur cette histoire, il n’ y a pas un seul mot. Raison pour laquelle, les forces brutales menacent donc de mort ceux qui connaissent cette histoire et lancent des fausses pistes pour semer la confusion.
Alors, c’est pourquoi nous avons décidé de mettre à la portée de tous les Congolais, cette histoire de la déportation des guerriers Abbey dans les « villages de libertés » du Moyens Congo, de l’Oubangui-Chari et du Gabon ; terres où, ils étaient déportés pour exécuter les peines des travaux forcés auxquelles ils venaient d’être condamnés.

Néanmoins, avant de nous lancer, rappelons tout d’abord : « Selon Monsieur M’Bolo, qui s’est exprimé dimanche 3 novembre 2013 à Odoguié, lors de la troisième et dernière journée de la fête des ignames, au début des années 1900, des Abbey furent déportés au Congo et parmi ceux-ci, se trouvaient les parents de l’actuel Président Sassou Nguesso.
“Le Consul nous l’a confirmé. Il nous a dit qu’il le savait depuis longtemps, mais qu’il était nécessaire que se soient les fils d’Agboville, qui fassent le premier pas”, a fait savoir le président Mbolo.

“Je l’ai appris comme vous. Je suis heureux que mon président puisse avoir des arrières parents d’Agboville. Le peuple Bantou et Akan, se retrouvent en Afrique Central pour les Bantou et en Afrique de l’Ouest pour les Akan”, a assuré le consul honoraire du Congo en Côte d’Ivoire, Georges MBongo Passi. », Source Abidjan. net ( cliquer ici).
Voici donc une synthèse de cette histoire après lecture de plusieurs archives de la colonisation (ci-joint une bibliographie à la fin) :
«…La révolte des Abbey de Côte d’Ivoire entre 1909-1911, suscita à l’époque beaucoup de commentaires, à cause de sa soudaineté et de la puissance de son explosion. Peuple du sud de Côte d’Ivoire, situé autour d’Agboville dans les forêts au nord de la lagune Ebrié, les Abbey entrèrent en contact avec les Français dès 1903. Jusqu’en 1908, Abbey et Français collaborèrent à la construction des postes et du chemin de fer reliant la Côte d’Ivoire au Soudan français (l’actuel Mali), parce que les chefs abbey tiraient profit du commerce et de l’exploitation forestière. Mais les relations commencèrent à se détériorer quand les corvées, le portage et surtout l’impôt de capitation accrurent leur pression sur la société abbey. Ainsi, en 1908, l’administrateur Clerc se rend au village de Morié pour la perception des impôts et le recrutement des travailleurs. Mais, aussitôt recrutés et installés sur le chantier, les travailleurs regagnèrent leurs villages parce qu’ils refusent un travail sans rétribution. Pour protester contre de tels agissements, Clerc arrête deux notables du village considérés comme instigateurs et meneurs. Alors les villageois se révoltent, prennent les armes contre l’administrateur accusé d’avoir injustement arrêté leurs compatriotes. Obligé de retourner à Agboville, Clerc demande des renforts que lui envoie le commandant du cercle des Lagunes. Une troupe de 500 miliciens arrivent à Morié le 24 janvier 1908, et, au cours d’une grande réunion d’explication des coups de feu éclatent, faisant des morts et plusieurs blessés. La troupe repart avec des prisonniers et l’administration inflige des amendes à tous les villages récalcitrants de la région.

La fusillade de 1908 compromettait ainsi les relations entre Abbey et les Français. Pour les premiers, le pacte d’amitié avait été déchiré par l’administration qui, en arrêtant, sans explication des villageois amis, agissait de manière unilatérale et arbitraire à l’encontre de ses partenaires abbey. Pour les seconds, les abbey devenus récalcitrants devaient être soumis. Le conflit était donc inévitable et, les Abbey allaient engager les hostilités. À la fin de 1909, une assemblée des notables Abbey décida d’organier la lutte contre les étrangers et fixa l’insurrection au 6 janvier 1910. Des émissaires furent envoyés dans les villages et auprès des groupes absents à la réunion pour les décider à se joindre à la révolte. Les notables jurèrent sur les fétiches afin de tenir leur promesse. Quand la révolte éclata le jour convenu, des centaines d’Abbey attaquèrent le centre Evrié-Makouguié, premier poste Français. Tous les étrangers vivant autour d’Agboville dans les chantiers forestiers, les plantations et les villages de colporteurs furent attaqués. Le 9 janvier 1910, le poste administratif lui-même fut cerné par trois colonnes abbey venues du nord, du sud et de l’Est. Entre le 11 et le 13 janvier 1910, la réaction Française se précisa, mais les Abbey avaient atteint certains objectifs : la voie ferrée détruite sur des nombreux kilomètres, un train venant du nord déraillé ; Monsieur RUBINO, un Européen, massacré et déchiqueté en petits morceaux ; des gares détruites, les lignes téléphoniques coupées. Une marche sur Abidjan fut stoppée de justesse. Ajoutons qu’une tentative conjointe Abbey et Attié (leurs voisins de l’Est) pour prendre le poste d’Adzopé, riche en armes et en vivres, échoua de peu le 11 janvier 1910.

Quand les Français, qui concentrèrent près de 1000 soldats dans la région d’Agboville, contre-attaquèrent les Abbey durent passer à la défensive à la fin de janvier 1910. Réfugiés dans la forêt, ils menèrent une guerre d’embuscades que les Français enrayèrent en mai 1910. Par la suite, quelques opérations de police suffirent pour ramener le calme nécessaire.

Cette résistance de la communauté villageoise de la forêt, les Abbey, traumatisa les Français : réunions secrètes clandestines des notables, transmission des mots d’ordre secret, attaques surprises, piégeages des sentiers, des colporteurs Dioula au service l’administration coloniale battus ou tués, des coupeurs de bois européens et africains molestés. Certains villages refusèrent de travailler pour les Blanc par peur des Abbey.

Militairement battus par les Français, plusieurs meneurs Abbey furent capturés. Les insaisissables, s’éparpillèrent dans les forêts. Presque tous les villages avaient pris part à la résistance. La solidarité tribale fondée sur l’unité de culture et renforcée par les alliances de guerre, de mariage avait amené tous les villages à participer à la défense de la communauté ethnique menacée.

L’administration coloniale fut sans pitié, les coupables et ceux qui étaient soupçonnés d’avoir participé à la révolte, furent condamnés à la déportation dans les villages de libertés au Moyen Congo (Congo-Brazzaville), en Oubangui-Chari (l’actuelle Centrafrique) et au Gabon, où ils serviront de réservoirs de mains-d’œuvre gratuites aux compagnies concessionnaires et à l’administration coloniale. D’immenses territoires étaient obtenus par des négociants colons : ce sont des concessions. La France coloniale avait confié pour l’exploitation d’hévéas et bois exotiques, 700.000 hectares aux Compagnies concessionnaires. Les Abbey seront corvéable et serviable à merci dans ces immenses territoires.

Ces non-libres (selon l’expression utilisée par l’administration coloniale française) avaient un statut équivalant à celui d’esclave. Le portage, le pagayage et le travail forcé étaient leur lot quotidien. Ils vont vivre dans des cabanes en bois comme des maquisards. Un remplissage des feuilles seulement assurait l’étanchéité. Eh oui, le révolutionnaire Abbey vaincu va être transformé en bête sauvage, en animal. De toutes les façons, ils n’avaient pas le choix, parce que pour l’administration coloniale, ils étaient des prisonniers.
 
Au Congo, ces déportés des expéditions punitives n’avaient pas le droit d’en sortir. Les abbey étaient réquisitionnées pour travailler dans les plantations d’hévéas des compagnies concessionnaires, pour couper le bois, pour la construction du chemin de fer, dans les jardins personnels des cadres de l’administration, pour la récolte ou la cueillette des produits de traite : caoutchouc, de gomme, etc. Ils devaient en outre fournir à tout agent administratif ou militaire et à sa suite, selon leur bon plaisir, vivres et volailles. Ces plantations étaient aussi parfois réquisitionnées.
 
Les pires de corvées imposées aux Abbey furent sans doute la livraison obligatoire d’un certain poids de caoutchouc et d’une quantité de pointes d’Ivoire, au bénéfice des compagnies concessionnaires plus encore qu’à celui de l’administration coloniale. Dès le matin, hommes et femmes étaient transformés en récolteurs et, obligés à leur retour au village, de procéder aux longues opérations de lavage des racines sécrétant le latex d’herbe. Le sort de l’Abbey était aussi déplorable que celui de l’esclave. C’est dans ce contexte qu’André Grenard Matsoua adressa une lettre ouverte au Gouverneur général pour dénoncer les conditions inhumaines auxquelles étaient confrontés les Abbey que nous appelons les Mbochi et tous les déportés des travaux forcés.

Voilà pourquoi, en 1919, André Matsoua fonde à Paris « l’Amicale » des originaires de l’Afrique équatoriale française, qui de simple association d’entraide ne tarde pas à se muer en syndicat parfaitement organisé. De retour à Brazzaville, Matsoua supervise les actions de son mouvement, réclamant la fin de la discrimination raciale et du régime de l’indigénat, ainsi que le droit à la citoyenneté française pleine et entière pour les Autochtones. Accusé de fomenter de l’agitation, André Matsoua est condamné à trois ans de prison. Parvenant à s’évader, il tente d’entrer en clandestinité mais est finalement repris et condamné à la prison à vie. Les Abbey ne deviendront totalement libres qu’à la proclamation des indépendances qui mettront fin à leur régime d’homme “non-libre” vivant uniquement dans les “villages de liberté” que l’on peut comparer aux camps de concentration ou à des prisons en plein air…»

Ceci dit, il faut le dire et le redire avec force que les Bakongo, les Batéké et les Pygmée n’ont pas contribué au malheur des Abbey et, parmi les crimes les plus graves que les Abbey ont subis, il n’en est pas un qu’ils pourront reprocher aux Bantu et aux Pygmée. Chers frères Abbey, vous vous êtes opposés au colonisateur, vous avez été battus militairement et, vous avez été déporté et renduit à la servitude. Ce ne sont pas les Bakongo qui vous mîtes des chaines aux pieds, ce ne sont pas le Batéké ou les Pygmée qui vous ont donné des coups de fouets au travail. Vous devez vous en prendre aux Français et non aux autres.
Eh oui, les nouvelles générations douteront que des gens qui sont arrivés enchainés au Congo, non-libre, puissent priver de liberté les Autochtones, des terres de leur déportation. Les Abbey reproduisent les mêmes violences subis aux Bakongo, aux Batéké et aux Pygmée. Aux Français qui les ont déportés et parqués dans les « villages de liberté », ils ne disent même pas un seul mot. Ironie du sort, c’est d’ailleurs la France de Jacques Chirac qui a ramené Sassou-Nguesso, le chef des Abbey, au pouvoir par les armes en 1997.

Cependant, ils viennent nous apprendre que ce sont les Bakongo, les Batété et les Pygmée qui ont un grave problème avec la France. Mais, s’il y a un peuple qui a un grave problème avec la France au Congo, c’est le peuple Mbochi (Abbey). Comment sont-ils donc arrivés au Congo, et qui les a déportés ? Il n’y a pas un seul doute possible, ce sont des Abbey qui ont une revanche à prendre contre la France.

Franchement, comment des gens qui ont subi les crimes les plus abominables (déportation, travaux forcés, humiliation) pendant la colonisation, peuvent-ils se transformer en bourreaux des Autochtones des terres de leur déportation ? C’est inexplicable, c’est impensable que ceux dont les familles eussent été envoyées dans les villages de liberté (camp de concentration), pour servir de mains-d’œuvre corvéable et serviable à merci, puissent reproduire les mêmes violences à leur semblable.

Etant donné que, Denis Sassou Nguesso confond le métier de président de la République avec celui du commandant du cercle. Nous ne sommes pas surpris qu’il se comporte comme un commandant du cercle (le comaanda), le principal représentant du pouvoir colonial connu par nos grands-parents. Ce despote local dans un système despotique, qui était tout en même temps : chef politique, chef administratif, chef de la police, procureur général et président du tribunal indigène. Il prescrivait même l’impôt de capitation, etc.
 
Puisque, le « comaanda » Sassou Nguesso est le chef d’un pays qui ne tient pas compte des intérêts de sa population. Son souci n’est pas de pourvoir aux besoins des Autochtones, mais au contraire, veiller aux intérêts des abbey et des multinationales que personne ne menace d’ailleurs. Nous pensons que c’est l’oppression des Abbey qui menace plutôt les intérêts de tout le monde au Congo. Qui attribue des marchés à la chine dans notre pays ? Qui oppose les Congolais les uns et les autres ?

Au contraire, la France n’a pas à avoir peur des Batéké, des Bakongo et des Pygmée, ils ne sont pas assez déséquilibrés pour menacer les intérêts Français au Congo. Les Bantu et les Pygmée ont toujours gardé une bonne image de leurs relations avec la France. Certes, ils dénoncent le caractère ambigu de ces relations lorsqu’elles soutiennent la dictature de Sassou-Nguesso mais, les louent lorsqu’elles soutiennent la démocratie, les droits de l’homme et le respect de la constitution.

Car, s’il y a une citation qui résume le mieux leur pensée vis-à-vis de la France, c’est bien celle de Michel Camdessus, ancien directeur général FMI : « Nous y avons, nous Français, commis des crimes et multiplié les manquements, mais nous avons aussi cherché à y apporter parfois avec la maladresse le meilleur de nous-mêmes. L’Afrique a versé son sang pour la France et, à cet égard, notre dette est immense ; cette dette est éternelle, tellement le sacrifice de tant d’Africains a contribué au cours des deux conflits du siècle dernier, à préserver ce que nous sommes ». Les Bakongo, les Batéké et les Pygmée savent faire la part des choses. La France n’a donc pas à avoir peur.

Pour terminer, les abbey gaspillent chaque jour l’énergie de l’indépendance qui les a arrachés à la servitude coloniale. Ils la gaspillent dans la haine de l’autre, dans l’humiliation de l’autre, dans le tribalisme, dans la dictature, dans la violence gratuite, dans les violations des constitutions, dans les activités égoïstes et dans les assassinats qui aliment l’enfer de leur déportation au Congo. Pourtant, la première tâche d’un citoyen libre, c’est celui de se demander, s’il est en train d’employer ses énergies dans un but purement égoïste ou pour vivifier le vivre ensemble et l’unité nationale. Tout est donc là. Personne ne renie la nationalité congolaise au peuple Abbey devenu depuis Mbochi, puisque nous sommes tous des noirs africains. Mais, il faut que les Abbey, c’est-à-dire les Mbochi se posent clairement cette question chaque jour. Beaucoup de choses pourront s’améliorer en eux-mêmes, et au Congo. L’indépendance ne nous a pas été accordée pour nous détruire entre nous. D’ailleurs les énergies qui ont contribué à notre libération, sont le fruit de beaucoup de sang versé. Nos ancêtres n’ont pas versé leur sang pour que cette énergie soit gaspillée par des intérêts égoïstes. N’oublions jamais cela !

Par BISHIKANDA DIA POOL
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Téléphone : 06-87-04-52-84

Bibliographie
1-J. SURET- CANAL, Afrique noire l’ère coloniale 1900-1945 à la page 143
2-Archives nationales de Côte d’Ivoire, documents des séries 1EE, 2EE, RR, OO et QQ concernant les cercles des lagunes et de l’Agnéby.
3-Ch. WONDJI, enquêtes orales en pays Abé(Abbey), septembre 1977.
4-Les colonies Françaises du Petit Manchot, A.EF 1 (1908-1958).

Source : sukissa.co.uk

lundi 24 novembre 2014

Musique et Musicologie : Maître Adépo YAPO, la consécration


Connu, ce géant de la musique Africaine et de la musique contemporaine, le maître dont l’œuvre est reconnue en Afrique, aux Etats-Unis, en France, dans le monde entier, a fait l’objet d’une rétrospective sur sa véritable dextérité à travers son instrument fétiche : le « dôdô ».  Une projection filmique du célèbre cinéaste Ivoirien ; le Professeur Idriss Diabaté, à l’Eglise Saint-Merry dans la capitale de la République Française.

Au mois de Septembre 2014 à Paris, maître Adépo YAPO est rentré dans l’histoire de l’Eglise Saint-Mery, avec à ses côtés Aly Kéïta, le créateur du balafon chromatique, le saxophoniste et clarinettiste Souleymane Ouattara et le guitariste Déka Koma, pour ce magnifique concert donné en ce jour du 22 Septembre.

Lors de cette journée dédiée aux cultures Ivoiriennes, « le Vohou-Vohou » fut largement représenté par trois grandes générations. Rassemblant une très grande variété d’influences au niveau techniques, les artistes Kra N’Guessan, Youssouf Bath, Dimbeng et les performeurs (les hommes canettes) des trois générations, de par leurs génies pluridimensionnels (peintures, installations et performances), ont su satisfaire les pulsions énergétiques du public Parisien.
Maître Adépo YAPO, cet éminent compositeur et musicologue Ivoirien, Chevalier de l’ordre du Mérite Culturel du Ministère de la Culture et de la Francophonie, Inspecteur au Ministère de la Culture et de la Francophonie a été   Directeur du Développement et de la Recherche du Centre régional de L’Action Culturelle  (CRAC) de Lomé au Togo.

Comme un cœur qui bat au chœur d’une naissance plurielle des normes culturelles et ancestrales, Maître Adépo YAPO a rempli cet immense océan, de son savoir, en enseignant comme expert à l’Institut Supérieur des Arts de Guinée (ISAG à Dubréka). « Né en 1951 à Bécédi-Anon (son village), Maître Adépo YAPO, affectueusement appelé par ses disciples, a commencé sa vie musicale dès son entrée à l’Institut National des Arts (INA) d’Abidjan en 1968. Ayant appris les règles de la musique savante occidentale, il a déjà commencé à faire des arrangements sur des mélodies traditionnelles de sa culture « Akyé », groupe ethnique dont il est issu. « Assona », un titre qu’il a harmonisé et orchestré, est passé du monde profane à la musique religieuse des églises catholiques, chant d’allégresse. »

Une identité à l’échelle mondiale

Personnage public, source intarissable du savoir, le Professeur Adépo reste l’un des patrimoines immatériels et matériels dans les champs et culture de la « musique et musicologie » de notre ère.

« En 1971, il dirigeait l’orchestre de variété de l’INA avec le premier passage à la télévision nationale. Après trois années d’études musicales à Abidjan, il part pour Paris où le musicien est inscrit à l’Ecole Normale de Musique, boulevard Malesherbes, pour des études supérieures. Inscrit en classe d’écriture et de guitare, le musicien acquiert le langage et la haute technicité du  traitement des sons musicaux. C’est à juste titre que Pietro Bianchi qui le connaissait à l’époque comparait son  jeu de guitare à celui des maîtres de la Kora dans un article publié dans «Escargot Folk» en 1975. Dans ce même numéro, l’on faisait mention des grandes figures de la musique africaine naissante, telles que Lamine Conté, Pierre Akendengué, Francis Bebey et Guem, percussionniste marocain. »

S’agissant de son implication dans le milieu scientifique, déjà en 1985, Adépo YAPO appartenait à la grande Société savante dénommée : « Société Française d’Ethnomusicologie ». Après 4 années, précisément en 1989, il intègre le Conseil International de la Musique (CIM), puis en 1991 le Comité International des Arts Populaires.
Travailleur inépuisable, il montre doublement des preuves sur ses compétences diverses et est élu en 1997, au Comité Exécutif du Conseil International des Arts Olympiques qui deviendra Arts Universels. Cette Organisation Internationale lui attribua le titre de « Sénateur » pour son véritable amour doublé d’une passion singulière et sa ferme entière contribution aux activités du monde des arts.

Ce que nous retenons chez ce maître, c’est l’ensemble de sa diversité culturelle attaché à son humilité. Une mémoire très vivante au sommet de ses interventions aux multiples symposiums, colloques, conférences et tables rondes à travers le monde des sciences.
Cette tête à penser, tout comme sa participation à ces différentes rencontres, retrace en quelque sorte le bien fondé de son expertise en la matière. C’est sans doute ce petit charme qui a fait de lui, un maître, souvent recommandé pour élaborer des projets de types scientifiques et culturels dans des institutions au service de l’éducation, des sciences, des arts et des sociétés. Nous citerons comme preuves physiques :

-       Le Salon International des Industries Culturelles d’Abidjan (SICA).
-       L’Agence Ivoirienne de la Coopération Francophone (AICF) à Abidjan ;
-       L’Université Atlantique d’Abidjan ;

Actuellement membre du comité scientifique de plusieurs institutions culturelles et académiques dont :
- International Centre of African Music and Dance, (ICAMD) – University of Ghana, Legon-Accra;
- Pan-African Society of Music Art Education, (PASMAE) – Pretoria, South Africa;
- Festival Panafricain de la Musique, (FESPAM) – Brazzaville, R. Congo ;
- Forum mondial de la musique à Los Angeles (Etats- Unis). »

Maître Adépo YAPO partage sa vie d’artiste et d’enseignant entre la Côte d’Ivoire et ces parties du monde précitées.
Invité en 2006 par M. Koïchiro MATSUURA, Directeur  Général de l’UNESCO, pour présider l’un des ateliers de la 1ère Conférence Mondiale sur l’Education Artistique, tenue du 06 au 09 mars 2006 à  Lisbonne (Portugal), Maître Adépo a consolidé une fois de plus son expertise en matière de critiques littéraires et des valeurs esthétiques artistiques, culturelles à cet atelier.

Depuis 2008, ce sénateur des Arts Universels est le 1er Vice-président exécutif du Conseil Africain de la Musique.

Une œuvre  au service de son prochain comme relève

Adépo YAPO, cette magie honorée, musicologue et professeur agrégé de musique, fondateur en 1992 de l’atelier de recherche et de créations musicales (ARC MUSICAL), est aujourd’hui le fruit mûr de tout un continent.  Au départ, les membres dudit atelier, en majorité des étudiants, sont pour la plus part, de nos jours des cadres, des inspecteurs, des agrégés en Arts, des enseignants de musique, des Docteurs en musicologie, des chercheurs associés aux différents laboratoires de recherches et des artistes émérites à travers les cinq continents.

De passage, nous citerons Djottouan Hyacinthe, enseignant-chercheur, Aly Kéïta, artiste résidant à Berlin en Allemagne, Souleymane Ouattara, artiste-ingénieur de son et de lumière en Belgique, Feu Dr Tapé-Daléba Natty Eric, Leslie Gouhéré, Kapé Marie-Josée, Don Kamet, Kossonou Henri alias Koss, Junior alias Senior Mutcho Dinero, Emma Kouakou, Justine Saffoh, Mme Kadié Josiane Kouakou, Edwige Kouassi, Yao Virginie, Marie Michelle Yapi, Aimé Akobé résidant au Canada, Nathacha Koutouan résidante aux Etats-Unis, Tapé Pacôme, Serges Zamblé, Valérie Assouan, Kossonou Noël, Nadia Aka, Lyze Aman, Pierre Boffouo Kouamé, Thierry Diouf, Gilles Kouissoa …


Invité à la première Edition de « La Voix de l’Afrique : Transmigration et Créativité » en Norvège pour l’été 2015, le Maître promet pour ce moment qui lui sera dédié, voudrait carburer à triple vitesse dans cette partie du monde Scandinave. Il est à souligner que Maître Adépo a toujours enseigné la rigueur dans le travail, comme l’âme de tout avenir, pour une solide constitution de nos continents.


Par Désiré AMANI, 

samedi 27 septembre 2014

BÉCÉDI-BRIGNAN : À LA DÉCOUVERTE DES MONTS MAFA

Bécédi-Brignan est une localité érigée depuis 1997 en chef-lieu de Sous-préfecture par le décret présidentiel N° 97/18 du 15 janvier 1997. Situé dans la Région de la Mé, plus précisément dans le Département d’Adzopé et à 75 Km d’Abidjan, son ressort territorial est constitué par les villages de Bécédi-Brignan, Bécédi-Anon, Mafa-Mafou, Mopé et Zommun. Ce gros village de plus de 12 000 âmes (selon le recensement général de la population et de l'habitat de 1998) possède en son sein un patrimoine touristique qui mérité d’être promu : les Monts Mafa.

HISTORIQUE
Autrefois, les Béchiéduns (les originaires de la Sous-préfecture de Bécédi-Brignan) vivaient dans un petit hameau perdu dans la grande forêt giboyeuse des rives du Mafou, sur l’emplacement actuel des Mafas.
C’était un peuple de méchants, de fétichistes et dont la mauvaise vie indisposait fortement les voisins. Partout, on se plaignait d’eux. On les maudissait à longueur de journée. Toutes ces plaintes, ces murmures, ces soupirs et ces imprécations qui s’élevaient contre eux parvinrent bientôt aux oreilles de Dzeu, le Grand Odominga, le Dieu tout-Puissant, qui décida de les éprouver afin d’arrêter les mesures qui s’imposent.
Il choisit un dimanche, jour où tous les Béchiéduns se trouvaient au grand complet au village. Les hommes, après avoir adoré leurs fétiches, dégustaient paisiblement le bon bangui; gesticulaient inconsidérablement et riaient à gorge déployée sous l’arbre à palabre. C’est ainsi que Dzeu leur apparut subitement sous la forme répugnante d’un petit garçon couvert de pians avec une escorte de mouches. Une soif dévorante lui torturait le gosier. Il se dirigea aussitôt vers les hommes et demanda humblement à boire par pitié.
 Mais jusqu’à l’unisson, nos hommes, déjà surexcités par l’alcool, éclatèrent en injures et en insanités de toutes sortes à l’endroit de l’étrange inconnu. D’autres, à l’aide de bâton, de chasse-mouche et de poignée de sable, le ruèrent de coups qui le firent saigner atrocement. Ils ne pouvaient admettre qu’un étranger et, pire encore, une saleté de cette nature ait le courage de demander à boire le bangui dans leur unique kpako (gobelet pour servir le bangui).
 Le pauvre enfant cherchait vainement à sortir de la foule qui s’épaississait autour de lui, lorsqu’un homme, du nom de Seubi Bofé qui n’avait pas pris part au mouvement, réussit à l’extraire. Il le conduisit à son domicile, barricada sa porte pour le couvrir des coups qui continuaient à pleuvoir. Il lui donna ensuite à boire dans son gobelet de famille et nettoya le sang qui coulait de ses ulcères. Lorsqu’il se sentit un peu à l’aise et en sécurité, le pauvre petit garçon décida de regagner la forêt et demanda à son protecteur de l’accompagner.
C’était le moment décisif. À l’orée des bois, tous les pians de l’enfant disparurent. Il se transforma en un beau jeune homme au teint fortement clair et qui, sous les yeux de Bofé, commençait à grossir sans arrêt. Son corps prenait des proportions de plus en plus démesurées. Son teint de plus en plus clair illuminait toute la brousse comme sous l’effet d’une fournaise magique. Bofé compris alors qu’il avait affaire à un Kaman, un grand génie de la brousse. Il tremblait de frayeur au pied de son compagnon dont il n’atteignait plus le genou. Tout était devenu calme dans les environs. Et c’est là que le colosse prit la parole: "Bofé! Demain, dès l’aube, tu prendras ta femme, tes enfants, tes bêtes, tous tes biens. Tu quitteras ce village de mécréants et tu monteras vers le Nord à une douzaine de kilomètres d’ici. Tu  t’arrêteras sur ce vaste plateau que baignent le Kpanda et l’Ayilè (ce sont deux petits cours d’eau de Bécédi-Brignan), car c’est là que s’épanouira désormais ta vie de digne créature de dzeu, le Tout-Puissant. Obéis et surtout respecte l’heure, car quelques minutes après ton départ, il y aura calamité". Le Kaman disparut sur ces mots mystérieux et Seubi Bofé rejoignit sa maison dans une course effrénée.
Toute la nuit, il informa sa famille de la grande nouvelle et prépara fiévreusement ses bagages. Dès l’aube, il était prêt à conduire son monde vers la terre promise. Mais à son convoi manquaient sa fille aînée qui refuse de partir et le plus gros de ses coqs qu’il n’avait pas pu saisir. Comme il ne fallait pas perdre de temps, il fut obligé de partir.
À peine Bofé et les siens eurent-ils franchir 6 km sur l’itinéraire sacré que l’inévitable commença à se produire. Le ciel s’assombrit brusquement et le tonnerre gronda sept fois comme pour rappeler la durée de la création du monde. Puis, une lourde pluie de pierres fondues à température infernale s’abattit impitoyablement sur le maudit hameau. Les deux rangées de cases qui le composaient furent séparément ensevelies, donnant ainsi naissance aux deux Mafas.
Pendant ce temps, Bofé et sa suite continuaient paisiblement leur bonne vie sur cette "terre promise" qui devint BÉCÉDI-BRIGNAN d’où sont partis les Béchiéduns, les populations de BÉCÉDI-ANON, MAFFA-MAFOU et MOPÉ.
Pour manifester sa gratitude envers Dzeu, le Tout-Puissant, Bofé adorait régulièrement les Mafas. Ses descendants continuaient la tradition jusqu’à nos jours. Cette pratique a toujours conservé aux Mafas leur puissance qui se trouve encore dans le pouvoir magique de leur intarissable petit lac.

MAFAS, SITE TOURISTIQUE, D’ADORATION ET DE MERVEILLES
Aujourd’hui les Mafas, adorés par les membres de la grande famille Maffa Seumin, sont devenus un pôle d’attraction ou, mieux, un pèlerinage, un lieu de retraite spirituelle et d’excursion dans le département d’Adzopé voire dans toute la Côte d’Ivoire (pour ceux qui le connaissent). Ces monts, par leur caractère sacré, procurent des merveilles aux filles et fils du village et même aux visiteurs et excursionnistes "croyants". Chacun y va pour prendre sa part de bénédiction dans le petit lac intarissable. Le cas le plus patent est le bref séjour de l’artiste MEIWAY sur les Roches pour le tournage de son clip "Les génies vous parlent", lequel clip lui permit d’être quatre fois lauréat en 1998 aux éditions Cora et Africa Music Awards.
L’excursion se déroule une seule fois dans l’année pendant les vacances scolaires avec les diverses associations de jeunesse de la région et sous la direction d’un comité de gestion mis en place par le Ministère ivoirien du Tourisme et de l’Artisanat depuis 2012, année où le site « Les Monts Mafa » a fait son entrée dans le patrimoine touristique national ivoirien.

Source : ATSÉ N’CHO Jean-Baptiste, Bécédi-Brignan, regards sur un village akyé (ouvrage à paraître)


Une vue de loin du Mafa


Des excursionnistes dur le Mont Mafa

Le Mafa

Vers une pente du Mafa

Des excursionnistes pendant les vacances



Un attroupement d'excursionniste autour du lac intarissable
L'Ambassadeur des États-Unis sur les Monts Mafa de Bécédi-Brignan


La Sauce Biécôsseu en pays akyé

Le Biécôsseu (traduction littérale : "eau de piment" pour "sauce très épicée") est l'une des sauces préférées du peuple Akyé, dans le sud et sud-est de la Cote d'Ivoire. Voici un plat que Martine Liade Ikossie vous propose. Présentation : Tape Honoré. Bon appétit. 



Le peuple Akyé

Le peuple Attié (ou Atyé, ou Akyé, ou Akié) est un peuple de Côte d'Ivoire, qui fait partie du groupe Akan et vit au sud-est du pays, au nord de la ville d'Abidjan, dans la Région des Lagunes. Selon la tradition, les Attié sont venus du Ghana actuel pour s'installer en Côte d'Ivoire. 

On retrouve le peuple Attié dans plusieurs départements préfectoraux, dont celui d'Alépé. Il fait partie d'une des branches des Ashanti. Il est reconnu comme un peuple très jovial et festif qui a l'art des concerts avec des groupes musicaux reconnus au niveau national et africain. 

Les Attié parlent une langue du même nom : l'Attié (ou Akyé). L'Attié est une langue kwa parlée au sud-est de la Côte d'ivoire. Les langues kwa sont parlées aussi au Ghana, au Togo et au Bénin, et le nom kwa dérive du mot « peuple » qui, pour toutes ces langues, possède la racine commune « kwa ». L'Attié est, au sein des langues kwa, une langue minoritaire classée comme un isolat. C'est aussi une langue qui défie la plupart des analyses classiques par son système phonologique et grammatical peu commun. 

Les Attié sont organisés en trois classes d'âges ou générations appelées « Fokué » en langue Attié.Cette classification en trois classes d'âge leur est spécifique puisque, par exemple, les Mbatto, peuple voisin méridional, ont une organisation en six classes, que d'autres peuvent l'avoir en quatre, en huit, etc.

Ainsi, chez les Attié, dans ce système, toutes lespersonnes de sexe masculin font partie d'une des trois générations suivantes : 
- la génération Gnando, 
- la génération Djigbo,
- la génération M'Brechoué.

Les enfants en bas âge préparent très tôt leur entrée dans une classe en tant qu'observateurs des aînés et comme futurs membres à part entière d'une classe. 

Les critères d'appartenance à une génération sont simples. En effet : 
- tous les enfants qui naitront des M'Bréchoués appartiendront à la génération Djigbo, 
- les enfants des Djigbo formeront la génération Gnando, 
- les enfants des Gnando constitueront la génération M'Bréchoué, 
- et ainsi de suite…

Le Fokué est une danse sacrée d'inspiration martiale dont le rôle est d'initier les jeunes gens, dès leur entrée dans la première génération aux techniques de guerre héritées des temps anciens où les peuples luttaient pour leur survie et leur identité, mais aussi et surtout aujourd'hui à préparer l'insertion de ces jeunes dans leur société. 

Le Fokué est l'école pratique des Attiés, l'école d'apprentissages des choses de la vie. Toutes les manifestations de la vie politique, sociale et culturelle prennent leurs sources dans le cadre du Fokué qui s'exécute dans la structure de la génération.

L'exécution du Fokué se fait en deux étapes : 
- l'étape de Odo, la première, commence dès la proclamation de la génération. 
C'est l'étape de regroupement et surtout de maturité des plus jeunes groupes de la génération autour de la bonne pratique et de l'apprentissage du rythme sur le tambour de base nommé « Odo. » 

Dans un premier temps, les apprentis utilisent les tambours que leur prêtent les initiateurs mais, avant la fin de cette période, ils devront eux-mêmes construire leur propre tambour. A l'issue de cette étape, la génération fait une petite sortie officielleavec les tambours neufs.

- L'étape de San-Min constitue la période de maturité de la génération qui, désormais, est aguerrie et prête à tout. 
Elle danse donc à toutes les séances prévues par la législation jusqu'à sa grande sortie officielle. 
Après cette sortie, certains membres de la génération seront considérés comme aptes à prendre diverses responsabilités dans la gestion des affaires du village. 

Tout rituel de sortie des générationsest soumis à 9 grandes étapes cérémonielles qui permettent à une génération de prendre le pouvoir : 
- l'enrôlement des guerriers-danseurs, 
- la cérémonie de la marque de boue, 
- la présentation du sabre, 
- la prise du bois sacré, 
- la coupe de rameaux, 
- la sortie d'armes à feu, 
- l'invitation, 
- le Fokué, 
- la fête de génération.


mardi 15 avril 2014

YAKASSE-ATTOBROU : Les producteurs d’hévéa dénoncent les usiniers-planteurs


La filière hévéicole connait depuis quelque temps, des difficultés de tous ordres. Notamment, les agissements malsains de certains de ses acteurs dénommés usiniers-planteurs. Les producteurs agricoles du département de Yakassé-Attobrou, réunis au sein de la société coopérative des planteurs d’hévéa du canton attobrou, avec conseil d’administration (SO-COOPHECA-CA) l’ont vivement dénoncé, lors de la 3ème assemblée générale ordinaire tenue récemment, dans les locaux d’un complexe hôtelier de la localité. «Pendant que l’Etat dit encourager le mouvement coopératif dans la filière hévéicole, des individus se disant usiniers-planteurs et nantis financièrement agissent, on ne sait au nom de qui, à contre courant des normes qui régissent le secteur. Ils se sont jetés dans la collecte des produits en détournant bien souvent nos coopérateurs et en nous livrant ainsi, une concurrence déloyale. Ce n’est pas normal », a révélé Jean Baptiste Adon N’Cho, le président du conseil d’administration. Avant d’exprimer la ferme volonté des planteurs d’hévéa du département de Yakassé-Attobrou d’assainir la filière, en la débarrassant des faux planteurs et autres acheteurs véreux dont les agissements, selon lui, tendent non seulement à frustrer les vrais planteurs, mais aussi et surtout, à tuer la filière. « Il faut que ces usiniers-planteurs quittent la filière, afin que les vrais planteurs d’hévéa, à travers leurs différents mouvements coopératifs, contrôlent mieux le secteur, à commencer par la fixation, la maîtrise et l’application effective des prix bord champ », a-t-il indiqué. 

Patrice Tapé

In Notre Voie N° 4691 du 14/4/2014 Url : http://news.abidjan.net/h/495231.html

jeudi 19 septembre 2013

Dossier : Rituel sur le mont Mafa à Adzopé


Des milliers de pèlerins vont tous les ans adorer ces deux massifs granitiques situés mystérieusement dans une zone non montagneuse ; il s’agit des monts Mafa situés à Bécédi-Brignan dans le département d’Adzopé.

A 800 mètres d’altitude des monts mafa se trouvent un petit point d’eau intarissable quelle que soit la saison.
Cette petite source d’eau serait dotée de pouvoir magique de protection et de résolution miraculeuse de toutes sortes de préoccupations.

Allons donc à la découverte des Monts Mafa à travers cette vidéo de WWW.RTI.CI

vendredi 10 mai 2013

Les monts Mafa de Becedi Brignan : Un site qui garde tout son mystère



S’il y a un site en Côte d’Ivoire qui draine des centaines de milliers de touristes par an, c’est bien les deux monts Mafa de Bécédi-Brignan. Le mystère qui entoure ces deux gigantesques blocs de pierres a fait l’objet de l’une de nos investigations.

L’histoire des monts Mafa demeure jusqu’aujourd’hui un mystère que toute personne qui réside sur le sol de Côte d’Ivoire cherche à percer. Mais, que d’épreuves pour arriver à cet objectif. C’est le samedi 5 janvier 2013 que nous avons mis le cap sur Bécédi –Brignan dans la région d’Adzopé (150 km environ au Sud-est d’Abidjan). Deux heures ont suffi pour atteindre le carrefour de Nguessankoikro, dont un virage à gauche, nous mène directement au pays des deux montagnes mystérieuses.

Le bitume qui n’existe pas sur ce dernier axe a rendu l’excursion encore plus difficile. Une heure après, Bécédi nous ouvre ses bras. A première vue, c’est un village comme tout autre qu’on peut voir en Côte d’Ivoire. Les habitants nous regardent d’un air hagard. Ils savent que nous ne sommes pas des leurs. Sans procédure, nous demandons aux premières personnes rencontrées comment accéder aux monts Mafa. C’est le début de notre expérience au cœur du pays Akyé.

Les exigences de la chefferie

Obtenir l’autorisation d’aller voir de près les monts Mafa n’est pas une chose facile. La chefferie composée d’une quinzaine de personnes nous accueille dans la cour du chef du village, Clémént Yapi Adou, un gendarme aujourd’hui à la retraite. Là, après les civilités, l’on nous explique que les Mafa représentent une autre entité dans le village. C’est donc une autre communauté hiérarchisée qui a en charge la surveillance et surtout la gestion du site. Après avoir offert deux bouteilles de liqueur comme l’exige la tradition, au chef et à ses notables, on nous conduit chez le gardien du site. C’est un homme visiblement la centaine d’âge révolue qui nous est présenté comme le premier responsable des Mafa. Il vit très loin du village, à part et seul. Il ne s’exprime qu’en langue locale : l’Akyé. Après des libations menées par celui-ci, les conditions pour accéder au pied des deux montagnes nous sont citées. Sur les deux autres bouteilles de liqueur offertes à l’ensemble des gardiens du site, une seule à été utilisée.

Les Mafa : l’apogée de la sacralité

Des instructions plus que claires nous sont données pour pouvoir aller vers les montagnes situées à 8 Km du village. La visite des monts ne se fait que les dimanches. Toute personne ayant eu des rapports sexuels la veille ne doit pas tenter cette aventure le lendemain. Le rouge est une couleur proscrite aux touristes qui veulent voir de près ces merveilles. Cela dit, la couleur recommandée et conseillée est le blanc. Selon les anciens, cette couleur permet de rentrer vite en contact avec les génies de ces montagnes. Une fois sur le site, on y laisse tout ce qu’on y trouve. On ne revient pas au village même pas avec un caillou. Avant l’escalade, il faudra se faire laver par le gardien des montagnes avec une eau située au pied des monts. Cela, selon lui, purifie notre corps et notre esprit. Il est obligatoire de saluer à haute voix l’esprit des monts dès qu’on se trouve au bas de ceux-ci (dans la langue locale). Il faut donc crier à haute voix « Mafa sémeu ayin ooh ». Au-delà de tout cela, l’on nous a enseigné que les monts représentent un véritable site de prière. C’est un lieu du « Demander et recevoir sans précédent ». C’est aux environs de 21 h que ce « cours magistral » a pris fin. Tous au lit en attendant le lendemain pour la grande découverte. Au fond du village, des chants et des danses annoncent aux villageois la présence d’étrangers venus connaitre leurs secrets culturels, nous confie le guide.

Plus qu’un site, un temple de prières

Dimanche 6 janvier 2013, 5 h 12. Nous lâchons déjà notre fin sommeil. Les chants et les danses se poursuivent sur la place publique du village, lieu de rassemblement pour le départ vers le lieu sacré. Après des renseignements, on nous informe que le gardien de l’endroit, sous le poids de l’âge se déplace à peine. Il y a donc été conduit à moto par les jeunes du village. La longue marche débute à 6 h et quart. Certains villageois ont rejoint la petite délégation de 7 personnes que nous formions. Depuis le village, nous apercevons de loin les deux merveilles. Au sommet de la plus imposante, se trouve une véritable forêt. En moins de 2 heures de temps nous voilà au pied des monts Mafa. Ce sont des colatiers qui s’y trouvent. L’endroit est sombre. Une autre bouteille de liqueur est offerte aux génies.

Le fond nous est partagé. L’accord est enfin donné pour la grimpée. Etape 1, nous sommes oints de caolin et d’eau venant d’une petite ouverture au bas de la pierre. Le mont femelle d’une altitude de 600 mètres est moins grande que le mont mâle qui, lui, va jusqu’à 800 mètres. La texture des montagnes est proche du goudron. Mais, chose étrange, il y pousse des herbes et des arbres par endroits. Il s’y trouve un grand champ d’ananas que nous avons goûté. Une fois au sommet du mâle, nous avons pu voir de près la forêt. Selon des indiscrétions, il s’y trouve des animaux sauvages de tout genre. Du haut, une belle vue panoramique du village de Bécédi nous est offerte. A la descente, un rite de prière nous a été imposé. Il s’agissait pour nous de formuler intérieurement nos vœux personnels. En cette nouvelle année, l’occasion a été saisie par tous
 .
In le QUOTIDIEN (Journal burkinabé)

N° 673 du 15 JANVIER 2013.
URL : http://news.aouaga.com/h/4508.html

mercredi 28 mars 2012

Afféry / Après l’accouchement : La mère tue son bébé

Toute la ville d’Afféry est encore sous le choc ! Comment porter un bébé en son sein durant neuf longs mois et, à peine voit-il, le jour que celle qui lui donne la vie, la lui arrache ? C’est hélas, ce que Mlle Kassi Nicole, née en 1975 à Arrah, a servi aux populations d’Afféry dans le département d’Akoupé. Le drame s’est produit, le Samedi 24 Mars dernier. Nicole est dans la ville depuis 5 mois à peine. Elle y a rejoint Koimélan Alice, sa sœur aînée et son mari. Elle a tout d’une femme portant une grossesse, mais nie, rassurant sa sœur Alice qu’il n’en est rien ! Soutenant que son ventre est gros de nature ! Elle gère son « affaire » jusqu’au samedi 24 mars. Ce jour-là, elle a de fortes douleurs au ventre. Elle se rend toute seule à la maternité où elle donne vie à un beau bébé de sexe masculin. Selon des témoins, libérée quelques heures après son accouchement, Nicole regagne le domicile. Une cour commune où personne, ni sa sœur, n’est au courant de son accouchement. En l’absence de sa sœur allée au marché, elle envoie un enfant de 10 ans, en classe de CM2, lui acheter un produit phytosanitaire très toxique, destiné à la lutte contre les rongeurs dans les champs. Une fois en possession du produit, elle mélange le contenu à de l’eau qu’elle ingurgite au nouveau-né. Constatant que celui-ci agonisait, la mère indigne se rend dans une clinique privée. M. N’da Bernard, infirmier diplômé d’Etat à la retraite, examine le bébé. Vu son état, il lui fait une injection. Les minutes qui suivent, le bébé ne peut résister et rend l’âme, après avoir vécu juste quelques heures, sur la terre des hommes...La mère criminelle accuse l’infirmier à la retraite d’avoir tué son enfant. Malheureusement pour elle, un crime n’étant jamais parfait, l’écolier qu’elle a envoyé lui acheter le produit phytosanitaire, va la confondre ! Révélant que c’est en sa présence que la criminelle de mère a fait boire à son nouveau né le produit toxique mélangé à de l’eau. Démasquée, Nicole prend ses jambes à son cou. Elle est très vite rattrapée par les voisins de la cour. Informée, la gendarmerie d’Affery se rend sur les lieux et procède à l’arrestation de la mère et de l’infirmier pour les besoins de l’enquête. L’infirmier, jugé innocent sera libéré. La mère, elle, attend de répondre de ses actes.

Raphaël Yapo

Publié le mercredi 28 mars 2012 dans Le Nouveau Reveil du N° 3050 du 27/3/2012. Url : http://news.abidjan.net/h/430199.html

samedi 10 mars 2012

Akoupé : Un corbillard se renverse dans une rivière

Un grand malheur s’est abattu, hier, sur la zone d’Akoupé à cinq (05) kilomètres de cette ville. Un corbillard qui a quitté Abidjan pour Koun-Fao, n’est pas arrivé à destination. Il s’est renversé vers 11 heures dans une rivière. Le corbillard de marque Toyota immatriculé 9665ET a fait une sortie de route. Ses occupants, à savoir le chauffeur, Fofana Assoro, la femme du défunt, le sergent-chef Kouabenan Pierre (un athlète) et trois (03) autres personnes ont pu sortir rapidement du véhicule avant qu’il ne plonge dans l’eau avec le corps. Alertés, les sapeurs pompiers d’Abidjan se sont dépêchés sur les lieux. Ils ont réussi à sortir de la rivière le corbillard et le corps du militaire athlète. Un autre corbillard a été trouvé à la famille afin qu’elle puisse continuer le voyage sur Koun-Fao. Le premier endommagé a été ramené à Abidjan.
Dje km
Le Nouveau Reveil N° 3036 du 10/03/2012
Url : http://news.abidjan.net/h/428728.html